Principaux points à retenir:

  • La résilience mentale est aussi essentielle à la réussite que la résilience physique, selon le sprinteur olympique canadien Duan Asemota.
  • Les athlètes comme les fondateurs d’entreprise s’appuient sur une équipe de confiance pour relever les défis et atteindre leur plein potentiel.
  • L’adoption d’une approche gagnante nécessite une vision claire de ce que représente l’échec et des leçons que l’on peut en tirer.

Pour le sprinteur olympique canadien Duan Asemota, être un gagnant ne se résume pas uniquement à poursuivre ses rêves de gloire. C’est de l’entraînement et du dévouement, tant sur le plan physique que mental. Il faut se créer un chemin vers la réussite et travailler sans relâche pour y arriver.

« Ce n’est qu’alors que l’on devient gagnant », dit-il.

Le parcours pour acquérir un état d’esprit de gagnant figurait partie les nombreux sujets abordés dans le cadre de la discussion Mental Resilience Under Pressure: Performing When Everything Is on the Line (Faire preuve de résilience mentale lorsqu’on est sous pression : performer quand tout est en jeu), une causerie informelle avec M. Asemota, dans le cadre de l’événement Techskis, la retraite annuelle des entreprises en démarrage qui a lieu à Blue Mountain, en Ontario.

Animé par Ray Rashed, Directeur Général de l’Ontario à RBCx, devant une salle remplie de fondateurs, d’entrepreneurs et d’investisseurs, cet entretien a été l’occasion de découvrir comment M. Asemota élabore sa stratégie pour exceller au plus haut niveau, même lorsque la pression est forte.

Travailler dur: surmonter les échecs et développer sa résilience

M. Rashed connaît bien le sport à haut niveau en tant qu’ancien joueur de football sélectionné par les Tiger-Cats de Hamilton. Il a également pris part à des essais pour rejoindre l’équipe olympique canadienne de bobsleigh. Avec leurs parcours sportifs communs, la conversation s’est naturellement tournée vers le mode de vie des athlètes.

M. Rashed a raconté comment ses années d’athlétisme à l’université l’avaient initié aux entraînements matinaux. Il a gardé cette habitude dans son quotidien, il continue de se lever à 4 h pour s’entraîner, puis accompagner ses enfants à l’école avant de commencer sa journée de travail.

M. Asemota aussi commence tôt sa journée, même s’il avoue, en riant, qu’il n’a pas vraiment le choix. Maintenir la discipline qu’exige un entraînement de haut niveau implique de sacrifier une partie de sa vie sociale, une décision que tout le monde ne peut pas comprendre, même ceux qui l’ont le plus soutenu.

« Avant, je faisais partie d’un groupe d’amis qui faisaient toujours des choses le vendredi et le samedi soir. Mais je souhaitais vraiment être bon en athlétisme, la plupart des gens voient le sport comme une activité qu’on pratiquement uniquement à l’école secondaire ou au collège. Quand vous pratiquez à un niveau professionnel, il faut obtenir des résultats pour être pris au sérieux.

Cela inclut ma mère, qui m’a dit qu’il serait peut-être temps pour moi d’abandonner. »

M. Asemota ne se doutait pas qu’il deviendrait un jour sprinteur. Né à Montréal, et ayant grandi à Ajax en Ontario, il s’est d’abord intéressé au basketball. C’est un entraîneur d’athlétisme à l’école secondaire qui remarque son talent naturel pour le sprint et l’encourage à pratiquer en compétition. Mais à ses débuts, il lui manquait la discipline qui allait définir sa façon de s’entraîner.

« La première année, je n’ai pas pris les choses au sérieux, car c’était très facile pour moi, admet-il. Je gagnais contre tous ces coureurs qui s’entraînaient depuis des années, donc j’étais vraiment arrogant. Puis, arrive un moment où l’on stagne et on réalise qu’il faut redoubler d’efforts et y consacrer le temps nécessaire ».

Son changement d’attitude est le fruit d’une frustration. « Pour être honnête, j’en avais assez de perdre. Je voulais savoir ce dont j’étais capable si je m’y consacrais à 100%. »

Cette motivation l’a amené à aller à l’université au Kansas, puis l’Université de l’État de l’Ohio, où il a fait de la compétition au sein de la division I de la NCAA, tout en poursuivant ses études. Cependant, son arrogance juvénile a persisté, compromettant presque tous ses progrès.

« J’ai été expulsé de l’équipe car j’avais une mauvaise attitude. Je pensais que j’étais le meilleur coureur du groupe. Mais ce sont des choses qu’on finit par laisser derrière soi, je n’y serais jamais arrivé si j’avais gardé cette attitude. »

Avec ce nouvel état d’esprit, ses performances se sont améliorées. Il a fini par obtenir une place au sein de l’équipe canadienne de relais 4×100 mètres lors des championnats mondiaux d’athlétisme de Budapest en 2023. Lors des Jeux olympiques d’été en 2024 à Paris, il a participé au 100 mètres masculin ainsi qu’au relais 4×100 mètres.

Malheureusement, une blessure est survenue, l’obligeant à chercher au plus profond de lui-même et à trouver la détermination nécessaire pour persévérer.

« On se sent très seul pendant la réadaptation, se souvient-il. On vit des moments difficiles. Il faut se regarder en face et découvrir qui l’on est réellement. »

Ces défis l’ont amené à adopter des habitudes et une routine lui permettant de remporter des titres nationaux canadiens à titre individuel ou en relais. Maintenant, il a hâte de participer aux Jeux olympiques d’été de 2028, à Los Angeles.

L’intensité du sprint et l’endurance du parcours

Être un athlète olympique exige des années d’entraînement pour un seul moment décisif. Même si la plupart d’entre nous ne participeront probablement jamais à des compétitions internationales, nous pouvons tous comprendre cette pression ressentie lorsque nous devons relever nos propres défis. Les fondateurs, comme les athlètes, doivent constamment réévaluer leurs objectifs stratégiques et leur capacité à les atteindre, souvent face à des échéances redoutables et des attentes élevées.

Pour M. Asemota, la confiance passe d’abord par la préparation et une détermination inébranlable. « Ne laissez pas votre emploi du temps vous affecter émotionnellement. Quand votre temps est écoulé, il est écoulé, on passe à autre chose. »

Bien que sa carrière lui ait beaucoup apporté sur le plan personnel, M. Asemota a dû surmonter de nombreux obstacles. Pour de nombreux athlètes, en quête de gloire olympique, cela s’accompagne d’importants obstacles financiers.

De bien des façons, la carrière d’un athlète ressemble à celle d’un fondateur d’entreprise: des années à réaliser un rêve à travers de longues heures de travail et d’efforts, ponctuées de nombreuses occasions où la confiance en soi est mise à rude épreuve. Il peut y avoir des moments difficiles et de grands défis à surmonter avant d’atteindre ses objectifs, comme obtenir un financement pour une entreprise en démarrage ou, dans le cas d’un athlète, l’obtention d’un partenariat ou une autre source de soutien.

Une stratégie pour gagner . . . et perdre

Atteindre un niveau de performance optimal demande beaucoup d’efforts, non seulement à travers un entraînement physique assidu, mais aussi en réfléchissant continuellement à sa relation à la victoire et à la défaite.

« Beaucoup de gens pensent que le but est de gagner tout le temps, dit M. Asemota, mais ce n’est pas toujours comme ça que les choses se passent. Parfois, la chute est brutale, mais c’est le meilleur moyen pour ne pas refaire les mêmes erreurs.

J’essaye de déterminer ce qui n’a pas fonctionné et pourquoi j’en suis arrivé là: comment étaient mon état d’esprit, ma forme physique, la qualité de mon sommeil, mon niveau d’énergie. Il faut réfléchir à chaque détail pour trouver la solution. Parce que, soyons honnête, chaque fois que je participe à une course, je pense être au meilleur de ma forme. Ce n’est qu’une fois lancé que je me dis: d’accord, il manque peut-être 5 ou 10 % quelque part, mais ce n’est qu’en analysant après qu’on peut y voir plus clair.

En cours de route, on se trompe et on commet des erreurs. Mais ce n’est en réalité qu’une façon de recueillir des informations. Il ne faut pas se laisser décourager par ces informations mais les examiner avec objectivité. Il faut toujours être prêt à échouer et savoir que ce n’est pas la fin du monde. »

L’un des éléments qui a marqué l’ascension d’Asemota est cette nature paradoxale du progrès, le fait que c’est en apprenant à perdre que l’on apprend à gagner. Cependant, comme tout fondateur ou entrepreneur accompli le comprend, réaliser ses rêves ne signifie pas forcément avancer seul.

« Si vous pouvez compter sur des personnes pour vous soutenir – vos parents, vos amis, vos proches – c’est beaucoup plus facile de se lancer dans la compétition, affirme M. Asemota. Quoi qu’il arrive, on sait qu’on retombera sur nos pieds.

On doit accepter que l’échec fasse partie du jeu. Une fois que vous avez accepté cela, foncez et donnez le meilleur de vous-même. »

Les espoirs de médaille pour M. Asemota semblent prometteurs, fruit de nombreuses années à développer sa résilience intérieure, à la fois physique que mentale. Lorsque M. Rashed conclut l’entretien, tous les participants ont tenu à encourager notre athlète olympique en y allant d’un enthousiaste « Go Canada Go ! ».

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Au titre de plus ancienne société partenaire de l’Équipe du Canada, RBC est fière de participer au développement du mouvement olympique au Canada depuis 1947. RBC accompagne les athlètes amateurs à chaque étape de leur carrière – de talents prometteurs à la prochaine génération de médaillés olympiques – grâce à des initiatives comme le Camp des recrues RBC et le programme Athlètes Olympiques RBC.

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